Clarté - Bagneux a inauguré une nouvelle résidence universitaire l'année dernière, pourquoi la municipalité a-t-elle du le faire ? N'est-ce pas la mission du CROUS ?

Auparavant, notre ville ne comptait qu’une petite résidence du CROUS et une petite résidence étudiante privée. Bagneux est en plein développement urbain, en particulier avec l’arrivée prochaine de deux lignes de métro. Nous construisons donc de façon ambitieuse et équilibrée des logements. Cela nous paraissait indispensable de contribuer également à augmenter le nombre de logements pour étudiant·e·s en zone proche de Paris. C’est aussi un encouragement pour la jeunesse de la ville à poursuivre ses études.

Il serait évidemment préférable que le CROUS ait les moyens de répondre aux besoins, en mettant à disposition des logements accessibles financièrement. Cette exigence reste pleinement d’actualité. Et l’argent existe, avec une répartition des richesses plus juste ! De notre côté, nous avons insisté auprès du promoteur et trouvé un accord : 10% des chambres ont des loyers de niveau social, et c’est la ville qui les attribue. D’autres résidences étudiantes sont en projet. Nous aurons à cœur d’être tout aussi vigilants. L’enjeu de maîtriser les prix, la lutte contre la spéculation immobilière, pour ne pas laisser seul le marché aux commandes, cela vaut aussi pour les logements étudiants !

Clarté - Bagneux pallie donc au désinvestissement de l’État pour les étudiant·e·s. Y a-t-il d’autres actions menées par la ville pour permettre aux jeunes de suivre leurs études et de réussir ?

Depuis une dizaine d’années, tous les jeunes de la ville qui poursuivent des études dans l’enseignement supérieur ont droit à une allocation étudiante, chaque année jusqu’à 26 ans. Avec la crise sanitaire qui a accru la précarité de beaucoup d’habitants, la ville a mis en place des aides financières exceptionnelles ; l’une d’elle ciblait les étudiant·e·s, en se basant sur les bénéficiaires de l’APL. En effet, la précarisation qui touche les étudiant·e·s n’est pas digne d’une société qui prétend donner priorité à sa jeunesse ! À notre échelle et avec nos moyens, nous voulons aider à l’autonomie des jeunes et des étudiant·e·s.

Chaque année une grande soirée « Jeunes majeurs Jeunes diplômés » réunit des centaines de jeunes, avec aussi des bons cadeaux pour les féliciter et les encourager. La médiathèque est disponible de façon élargie pour les périodes d’examens, et la solidarité joue aussi entre les générations puisque des étudiants font du soutien scolaire pour collégiens ou lycéens dans nos centres sociaux et culturels. Concernant les loisirs, de nombreuses possibilités existent : studios de musique gratuits, séjours vacances, spectacles ou concerts. Un partenariat avec Radio-France permet aussi à un groupe d’étudiant·e·s de produire des émissions d’actualité locale. Côté sport, notre club omnisport pratique le quotient familial, ce qui permet aux étudiant·e·s de pouvoir pratiquer à des tarifs attractifs.

Dernier élément : les transformations urbaines que connaît Bagneux attirent de plus en plus d’étudiant·e·s en architecture, en urbanisme, mais aussi dans d’autres domaines, autour de l’agriculture urbaine ou de l’art dans la ville. Un petit groupe d’étudiant·e·s en Beaux-Arts nous a par exemple demandé s’ils pouvaient s’installer plusieurs mois dans un appartement vide d’un immeuble qui sera par la suite démoli. Chose dite chose faite, et ils contribuent à des activités artistiques dans le quartier. Nous sommes très ouverts à ce type d’expériences !

Clarté - Comment avoir été engagée à l’UEC quand tu étais étudiante a façonné ta façon d’envisager ton mandat d’élue à Bagneux ?

Militer dans l’enseignement supérieur est une expérience et un enrichissement uniques. C’est là que j’y ai appris à confronter les points de vue, avec mes camarades ou en dehors de l’UEC, et c’était parfois assez « sportif » ! C’est aussi dans mes premières interventions devant un amphi bondé, la boule au ventre, que j’ai puisé l’audace et l’énergie de parler en public. Les débats petits ou grands, le travail collectif, apprendre à communiquer efficacement par écrit, chercher les formes utiles pour faire participer le plus grand nombre… sont des atouts précieux pour exercer un mandat électif. C’est d’ailleurs aussi le cas pour s’épanouir dans le monde professionnel, exercer des activités militantes ou autres… !