Le 21 avril, une vingtaine de généraux publiaient dans Valeurs Actuelles une tribune, pour appeler le président de la République, le gouvernement et le Parlement à lutter contre « le délitement » de la France, sous peine de laisser s'installer une « guerre civile » menée par les franges les plus réactionnaires de l'armée contre le mouvement social antiraciste. Marine Le Pen ne s'est pas fait attendre pour se joindre à leur tribune, en les invitant via une lettre publique à rejoindre sa campagne pour l'élection présidentielle de 2022.

Leur message est limpide : ou bien la République renie, d'une part, aux migrant·es et citoyen·nes supposément musulman·nes leurs droits les plus fondamentaux et, d'autre part, au mouvement social sa capacité d'agir, ou bien l'armée renversera le pouvoir pour l'imposer au pays. Évidemment, cette bande de hauts-gradés – exlusivement masculine – se fait abusivement le porte-voix des armées. Cependant, il n'est pas anodin que de tels dirigeants se sentent la liberté d'appeler à l'insurrection pour écraser les militant·es antiracistes et chaque élément du mouvement social qui s'en portera solidaire.

À un an du scrutin, les conditions se réunissent pour que la prise de pouvoir de l'extrême-droite en France devienne à nouveau une réalité. La prise de pouvoir de Le Pen n'est pas un épouvantail, mais bien une possibilité – grandissante.

Les universités, véritable poumon du débat démocratique, seront parmi les premières cibles de ces putschistes. Elles le sont certes déjà, à cause de l'opportunisme électoral du camp présidentiel, mais nous ne connaissons pas encore l'ampleur des attaques contre les sciences humaines et les libertés associatives que Le Pen pourrait lancer une fois au pouvoir. Étudiant·es, restons uni·es et solidaires du mouvement social et des militant·es antiracistes dans ces épreuves. Toutes les initiatives que nous pourrons prendre en ce sens au cours de l'année à venir seront cruciales. Mobilisons-nous afin qu'en avril 2022 notre pays soit debout et rassemblé pour construire une société d'égalité, de libertés et de justice.