Ces deux journées studieuses et convivales permettront à cent étudiant·e·s communistes provenant des quatre coins du pays de se retrouver pour débattre des luttes étudiantes, de leur avenir et de celui de la société. Après des semaines de campagne pour un revenu étudiant, l'enjeu est important. Il n'est pas seulement question de poursuivre et d'élargir cette campagne, mais aussi de permettre aux 5000 étudiant·e·s qui se mobilisent avec l'UEC de s'engager durablement pour une nouvelle société plus juste et émancipatrice.

Clarté partage, quelques jours avant le début des travaux, le texte qui sera débattu lors de la Conférence nationale. Retrouve le texte complet ici, et son introduction ci-dessous.


Nous sommes au cœur de la pandémie de Covid-19. Les conséquences de cette crise sont sans précédent à l’échelle de l’Humanité. Depuis des décennies, les mesures prises par le patronat et soutenues par les gouvernements dans le but d’engendrer toujours plus de profit provoquent des catastrophes économiques, sociales et écologiques d’une violence exponentielle, d’une dimension telle qu’elles menacent l’existence de toute civilisation humaine.

Briser ce système destructeur et construire une nouvelle société nécessite qu’on soit en mesure de lui donner un sens et d’en poser les pierres. Or aujourd’hui, ce sont des travailleur·e·s des milieux populaires, des professionnel·le·s du soin, du service à la personne, des personnels d’entretien, des fonctionnaires, des enseignant·e·s, des étudiant·e·s, des retraité·e·s et des jeunes solidaires de leurs voisin·e·s qui tiennent le pays debout. Ce sont majoritairement des femmes, dont le travail n’est pas reconnu, qui luttent en première ligne contre la pandémie. Ce sont les quartiers populaires qui se mobilisent pour faire vivre la solidarité. Ce sont ces travailleur·se·s qui permettent aux Français·e·s de se rassembler autour d’une aspiration commune, universelle, à la solidarité et à l’émancipation humaine, après des années de luttes sociales défaites. Voici donc celles et ceux qui font avancer notre pays et qui ont le sérieux nécessaire pour le conduire vers un avenir de progrès.

Mais si l’absurdité et la violence de l’organisation actuelle du travail et de la société sont sensibles pour une part de plus en plus importante des travailleur·se·s, ces forces ne se rassemblent pas encore autour de voies révolutionnaires de changement. Faute d’une alternative sérieuse et majoritaire, leurs aspirations sont dévoyées par les libéraux et l’extrême-droite. Ainsi les crises s’enchaînent, et tout nous rappelle que nous n’avons plus le temps.

Cette urgence civilisationnelle, la jeunesse en a dans sa large majorité une conscience développée, et se mobilise pour faire gagner la démocratie et les luttes émancipatrices dans tous les pays, dans les rues comme sur internet. Dialectiquement, c’est aussi parmi les jeunes que l’on trouve des franges parmi les plus radicalisées et organisées du camp réactionnaire, à l’image des incels ou de Génération identitaire. Ainsi la lutte politique n’est pas moins vivace dans la jeunesse, au contraire : elle se cristallise autour de forts enjeux de justice sociale, climatique, de démocratie et d’égalité civique. Des Printemps arabes aux Marches pour le climat, en passant par les mouvements étudiants algérien, indien et chilien, ou encore les récentes mobilisations historiques contre le racisme des États-Unis à la France, la jeunesse est loin de se désintéresser de la politique puisqu’elle y occupe une place centrale, sous des formes certes nouvelles.

Parmi elles et eux, les étudiant·e·s constituent une part très visible des jeunes engagé·e·s en politique. L’université est un vrai incubateur de mobilisations sociales : les débats qui bousculent notre société s’y développent de manière accélérée, les campus concentrant des masses de jeunes hautement qualifié·e·s. Avec la massification du salariat étudiant, le contenu de ces débats et les revendications qui en émergent sont plus que jamais en phase avec les réalités que vivent les travailleur·se·s. Cependant, les étudiant·e·s ont été cruellement absent·e·s des dernières mobilisations sociales en France, notamment du mouvement contre la réforme des retraites. Elles et ils se mobilisent par d’autres voies, de l’action individuelle à l’engagement associatif, dont la portée est certes limitée, mais immédiate et très valorisante pour des jeunes en quête de sens et d’identité.

Le changement est encore possible, pour peu que l’on parvienne à trouver les chemins par lesquels les étudiant·e·s peuvent s’engager dans l’action révolutionnaire. Ensemble, réfléchissons à la manière dont susciter à nouveau l’engagement de cette majorité d’étudiant·e·s qui a intérêt à agir pour gagner contre Macron. Étudiant·e·s communistes, nous sommes d’ores et déjà convaincu·e·s et rassemblé·e·s pour changer l’avenir. La force de notre Union est avant tout son agilité, à l’épreuve des événements et des changements de chaque époque. Notre génération de militant·e·s est à son tour amenée à transformer ses modes d’action, pour être à la hauteur du travail exigeant que nous voulons conduire. C’est l’objet de cette Conférence nationale.


Rendez-vous ce week-end sur les réseaux sociaux de l'UEC pour suivre les débats, les travaux et les ateliers des étudiant·e·s communistes.