La campagne de rentrée des étudiant·e·s communistes, pensée en pleine période de confinement nous a permis de nous confronter à nos habitudes et de repenser nos pratiques militantes, dans un contexte de crise sanitaire. Après deux mois et demi de confinement, avec l’incertitude de retourner sur nos universités, il a fallu trouver le moyen d’agir au plus près des étudiant·e·s et de leurs préoccupations.

La crise sanitaire a montré toute l’importance de reconnaître le travail des étudiant·e·s et la valeur de nos études, et comme l’a rappelé Manel dans son article, c’est justement le besoin de cette reconnaissance qui est vecteur de mobilisation.

Mais alors, comment parler et agir auprès des étudiant·e·s quand les universités sont inaccessibles ?

En systématisant le porte à porte partout où c’était possible, nous avons pu prendre le temps de parler aux étudiant·e·s, sur leur lieux de vie et d’enrichir notre campagne autour de ces nombreux échanges.

Aussi, en abandonnant la pétition papier pour une pétition en ligne, au delà de l’aspect pratique au vu de la situation sanitaire, nous sommes en mesure d’avoir un état des lieux immédiat et quotidien de l’avancée de la pétition, et ainsi d’en renouveler les objectifs.

Alors que nous arrivons à un second confinement et une nouvelle fermeture des universités, passant l’ensemble de nos enseignements en distanciels, il est plus qu’urgent de repenser nos sociabilités, militantes et solidaires, quand nos lieux de formation et d’émancipation nous sont amputés. Le confinement doit nous permettre de créer de nouveaux espaces pour faire de la politique avec nos camarades de promo. La fracture numérique et les mauvaises conditions pour suivre nos cours ne devrait pas nous empêcher d’assister correctement à nos formations. Soyons solidaires, entre nous et avec nos professeurs qui doivent elles et eux redoubler d’effort pour continuer leur enseignements et leurs recherches. Clarté est alors un outil précieux pour prolonger nos contenus de cours au delà des rendez-vous réguliers en visio-conférence.

Par ailleurs, le débat démocratique à l’université doit pouvoir continuer ! Alors que la Loi Pour la Recherche est en examen au Sénat et dont l’adoption est un grand danger pour l’Université et la Recherche Publiques, nous continuerons d’être solidaire de nos professeurs et des personnels pour lutter contre son application. Très bientôt sur Clarté, nous tenterons de faire dialoguer universitaires, journalistes et militant·e·s avec des étudiant·e·s de tout horizons sous forme de podcast pour continuer à faire vivre la bataille des idées.

Nos gestes militants doivent alors être repensés, si le « militantisme numérique » a beaucoup été critiqué il n’est pas à confondre avec du simple partage de contenu. L’impossibilité de nous réunir ne nous empêche pas de faire de la politique, au contraire ! Soyons inventif·ves, continuons à imposer la question du revenu étudiant dans le débat public, en proposant des formes nouvelles de mobilisations. Le revenu étudiant est éminemment d’actualité au regard de la crise sanitaire, avec des étudiant·e·s contraint·e·s de mettre leur santé en danger que ce soit en renforts dans les hôpitaux ou pour pouvoir garder le travail alimentaire qui les font vivre.