Par le comité de rédaction


Le samedi 22 novembre, à l’occasion d’une manifestation contre la mise en place du pass sanitaire, présent au côté de complotistes et de figures de l’extrême-droite, l'humoriste Jean-Marie Bigard a comparé la mise en place de cet outil à l’étoile jaune portée par les juifs lors de la seconde guerre mondiale. Pourtant, l'humoriste millionnaire, se réclamant volontiers “du peuple”, ne semble pas majoritaire sur ce coup là. En effet, selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting réalisé pour franceinfo et Le Figaro, 60 % des français seraient favorables à la mise en place de cet outil.

Mais cette mesure ne fait polémique qu’en France. Au sein même de l’Union Européenne, si le parlement européen a acté la mise en place d’un passeport vaccinal, tous les États ne s’engagent pas dans la même direction. Des pays ont déjà commencé à tester la compatibilité de leur pass, comme la France, l’Autriche ou la Croatie. D’autres prévoient un certificat plus contraignant, comme le Danemark, ou à l’inverse de simple certificat, moins exigeant, comme l’Allemagne. La question des certificats se basant sur les vaccins russes et chinois, comme c’est le cas en Hongrie, pose également problème quant au passage au niveau européen.

Dans ce contexte complexe et clivé, une analyse plus nuancée est nécessaire en ce qui concerne les forces politiques progressistes. La crise sanitaire ne saurait être un prétexte pour instaurer un climat de surveillance et de contrôle permanent. A partir de là, il est essentiel de faire en sorte que ce pass sanitaire ne régisse pas la vie quotidienne de nos concitoyens, notamment en ce qui concerne l’accès à certains lieux de commerce et de culture. En revanche, pour les déplacements de longue distance, certaines professions à risque ou des événements culturels de grande ampleur ( concerts, festivals, etc. ) sa mise en place semble une nécessité. N’oublions pas que notre capacité à sortir de la pandémie le plus rapidement possible est une question de vie ou de mort pour une partie de la population, alors que 22 000 personnes sont actuellement hospitalisées à cause du Covid, et que plus de 100 000 personnes en sont décédées en France.