Par Fabien Cohen, Responsable du secteur médicament et membre du Conseil national du PCF


Le 30 novembre dernier, nous lancions la campagne pour une pétition d’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) en faveur de l’accessibilité et de la gratuité du vaccin contre la pandémie de la COVID 19, pour faire des brevets des Biens public de l’Humanité, afin qu’ils puissent être produits et disponibles partout et dans la perspective de construire un Pôle public du médicament en France, en Europe et dans le Monde.

À un an de la crise sanitaire que nous vivons, le Gouvernement est dans l’incapacité de mettre en œuvre une vaccination nationale digne de ce nom. La Multinationale SANOFI, ne peut produire son propre vaccin dans les temps, alors que celle-ci a licencié des milliers de chercheurs ces dernières années et voulu satisfaire ses actionnaires à coup de milliards, tout en accaparant plus d’1,5 milliards de crédits d’impôt recherche. Tout cela nous rend dépendant du marché qui lui-même repose sur le dogme des brevets. Une situation d’autant plus inadmissible que ne cesse de monter en France comme dans le monde l’exigence de réquisitionner les moyens de production en faisant valoir la licence d’office pour une production dans les entreprises pharmaceutiques de France et d’Europe, pour une distribution dans le monde. La levée des brevets pour permettre le partage des connaissances et une mutualisation de la production à l’échelle nationale, européenne, mondiale, devient vitale pour les peuples de la planète. Elle a été déjà posée comme une exigence par des pays comme L’Afrique du Sud, l’Inde et une coalition de plus de 100 pays à l’OMC (organisation Mondiale du Commerce).

Une nouvelle étape a été franchie par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe qui a voté, le 27 janvier, une résolution visant à faire du vaccin « un bien public mondial » et demandant de surmonter « les restrictions découlant des brevets et des droits de propriété intellectuelle, afin d’assurer leur production et leur distribution à grande échelle ». Avec son texte sur l’état d’urgence sanitaire, la France détient également plusieurs cartes pour réparer un système privé défectueux : elle a ainsi la possibilité de « prendre toute mesure permettant la mise à la disposition des patients de médicaments appropries pour l’éradication de la catastrophe sanitaire », elle peut aussi procéder à la « réquisition de biens ou de services ».

C’est d’autant plus urgent que les entreprises avec lesquelles l’Union Européenne (UE) et les Gouvernements concluent des contrats, s’émancipent de leurs promesses pour vendre aux plus offrants et/ou organiser la pénurie afin de permettre une inflation plus grande. Cette pratique s’inscrit dans cette vision des traités ultralibéraux que défend l’UE. Cela rend d’autant plus inadmissible l’opposition constante de la France à cette levée des brevets, pour redonner à la puissance publique le pouvoir de produire et distribuer le vaccin.

Mais si nous voulons vraiment vaincre cette pandémie et donc accélérer la campagne de vaccination, il faut que le peuple s’en mêle. Ensemble, continuons à faire signer la pétition « Pas de profit sur la pandémie », pour obtenir d’autres avancées pour faire des vaccins contre la COVID 19, des « Bien Public de l’Humanité ».


Pour signer la pétition :

https://eci.ec.europa.eu/015/public