Par Laure Poisson, étudiante en Sciences-Politiques à Nanterre


Le féminisme est aujourd’hui un combat nécessaire. Que ce soit au sein d’un foyer, sur le marché du travail ou dans la rue, les violences sexistes et sexuelles sont omniprésentes. En 2019, on a recensé 149 féminicides, soit une augmentation de 21% par rapport à l’année passée. Selon une étude de l’observatoire des violences sexistes et sexuelles dans l’enseignement supérieur, 1 étudiante sur 20 a été victime de viol. Lutter contre les violences faites aux femmes est donc une priorité.

Pourtant, cela ne semble pas être celle du gouvernement en place. En effet, G. Darmanin a été nommé ministre de l’intérieur alors qu’il est accusé de viols et d’agressions sexuelles. Il a d’ailleurs reconnu ces faits. On pense aussi à E. Dupont-Moretti, ministre de la justice, qui se revendique ouvertement antiféministe. Mais alors, comment lutter efficacement contre les violences sexistes et sexuelles lorsque les agresseurs ne sont pas inquiétés par la justice et exercent leur pouvoir en toute impunité ? Il se pose également la question de la police, où aller porter plainte quand on est victime lorsque le chef de la police est lui-même un agresseur ? Les victimes sont totalement laissées pour compte et cette nomination en est bien la preuve.

Les personnes transgenres sont également en première ligne de ces violences. Le suicide de Doona, femme transgenre étudiante à Montpellier, en septembre dernier est bien la preuve d’une transphobie d’Etat et d’un abandon de l’exécutif face à ces questions. En effet, elles subissent un grand nombre de violences sexistes, sexuelles et transphobes au cours de leurs vies, que ce soit par des pairs ou par des institutions. Il est également important d’intégrer les personnes non-binaires, trop peu représentées dans les luttes mais qui subissent tout autant de discriminations. Il est donc plus que nécessaire de les inclure dans nos luttes féministes et de combattre à leurs côtés le patriarcat qui les discrimine.

Récemment, dans certaines facs franciliennes, des associations organisant le weekend d’intégration et des recrutements afin de renouveler leurs bureaux ont été dénoncées sur les réseaux sociaux pour des faits de violences sexistes et sexuelles. En effet, plusieurs personnes se sont plaintes d’agressions sexuelles lors de ce weekend.  Que ce soit de la part de certains membres de l’association ou d’autres participants, les associations, pourtant au courant, n’ont rien fait. Les bungalows mixtes ont également été pointés du doigt, ne permettant pas une sécurité optimale pour les femmes. Les associations ont démenties ces nombreuses accusations, bien que fondées et à charge grâce aux multiples témoignages. Rien n’a été fait de la part de l’administration de ces facs qui les protègent. Cela soulève donc le problème de l’omerta qui est de mise dans ce genre d’associations et qui protège donc les agresseurs. Les témoignages dévoilent que ces pratiques ne sont pas isolées et découlent d’un schéma de reproduction. Elles se perpétuent depuis des années et malgré les dénonciations, rien ne change.

Toutes ces violences sexistes et sexuelles subies par les femmes découlent du patriarcat qui régit notre société actuelle. Mais, si le patriarcat est autant ancré de nos jours, c’est grâce au capitalisme qui le lui permet. En effet, historiquement, le patriarcat a toujours existé, mais grâce au capitalisme avec lequel il marche main dans la main, il prend une forme particulièrement agressive. Le capitalisme est donc un complice du patriarcat et il est donc important de les combattre dans la même mesure.

Il est également important de souligner qu’avec la division genrée du travail, les femmes sont, dans le contexte actuel, en première ligne face au virus. En effet, elles sont majoritaires dans le milieu hospitalier mais surtout dans les métiers d’entretiens qui sont nécessaires dans ce contexte. Ce sont souvent des femmes racisées qui pratiquent ces métiers extrêmement précaires. Cela est dû à la double discrimination qu’elles subissent. D’une part elles subissent le sexisme et d’autre part le racisme. Il est donc nécessaire d’adopter une vision dite « intersectionnelle » afin de combattre de front toutes les discriminations subies.

Notre revendication d’un revenu étudiant s’inscrit dans un désir d’émancipation des femmes. En effet, ce revenu permettrait de ne pas devoir faire le choix entre de longues études et une maternité. Cela éviterait aussi la prostitution et le travail au sein de la pornographie, nécessaire à la survie de certain·e·s lors de leurs études. Ce revenu permettrait également de ne pas devoir dépendre d’un·e conjoint·e ou de sa famille et donc d’être totalement libre. Et enfin, il éviterait un emploi précaire et souvent pénible en parallèle des études, qui l’est souvent plus pour les femmes.

Pour conclure, il est donc plus que crucial pour nous, en tant qu’étudiant·e·s communistes, d’être féministe afin de lutter contre les violences sexistes et sexuelles qui rythment la vie des femmes. Dans une perspective marxiste, il est évident pour nous qu’il faut être une organisation fondamentalement anti-patriarcale. Ce combat est nécessaire et doit combiner toutes les forces disponibles. Mais, il est important de laisser la place aux femmes pour s’exprimer sur les oppressions qu’elles subissent et mener la lutte de front. Il est également important de veiller à ne pas prendre leur place au sein de cette dernière. Donnons donc toute la place aux femmes pour se battre efficacement contre le patriarcat.