Tout au long de leur Conférence nationale, les étudiant·e·s communistes ont travaillé sur un texte et une feuille de route pratique pour renforcer et développer leur action au plus près des étudiant·e·s. Ce travail exigeant que nous voulons conduire ne peut se réaliser qu'en rendant nos modes d’action les plus opérants et en phase possible avec les dynamiques à l’œuvre dans l’enseignement supérieur et avec les nouvelles formes d’actions collectives des étudiant·e·s.

Au travers de notre campagne de rentrée, nous avons voulu poser les premières pierres de ce long travail d’organisation pour rassembler et mobiliser les étudiant·e·s autour d’un même mot d’ordre commun, "Etudier c’est travailler". Notre exigence est la suivante : élargir le rassemblement et renforcer l'engagement des étudiant·e·s qui veulent transformer le monde, et pour ce faire gagner contre Macron.

Après un mois et demi de campagne, nous avons pu faire un premier bilan au fil des échanges de la Conférence nationale. Notre pétition pour un revenu étudiant réunit à ce jour plus de 5 300 signataires et regroupe 900 participant·e·s sur 67 établissements d’enseignement supérieur. Les participant.e.s sont issus d'au moins 37 filières différentes (sans compter celles mal renseignées) : Psychologie, Droit, Sciences Politiques, Histoire, LLCER, LEA, IFSI , Médecine , Lettres, Géographie, Cinéma, Sciences de l’éducation, Architecture, Pharmacie, Ingénieur, Philosophie, Sociologie, Biologie, AES, Staps, Théâtre, Arts du Spectacle, Journalisme, Physique, Urbanisme, Sciences du Langage, BTS, SVT, Humanités, Musicologie, Anthropologie, Info-com , Sciences Informatiques, Commerce, Management, Design, Graphisme, Economie, Chimie, Sciences cognitives.

Parmi elles et eux, 40% ont déclaré avoir un job étudiant à côté de leurs études. Cela signifie que la majorité des signataires ne sont pas directement concerné·e·s par le salariat étudiant, mais affirment leur solidarité pleine et entière avec leurs camarades salarié·e·s.

Lors des nombreux porte-à-porte menés, nous avons constaté à quel point l’idée selon laquelle étudier est un travail à part entière permet de convaincre les étudiant·e·s de passer le cap de l'engagement communiste. Contre toute attente, la question de la faisabilité et du financement du revenu étudiant est très peu soulevée dans les discussions. Dans le même registre, le fait que ce revenu commencerait avec un niveau équivalent au SMIC ne souffre que peu d’objection.

Le revenu étudiant : une perspective large de transformation sociale

Au delà de la précarité, le revenu étudiant tel que nous le défendons s’inscrit dans une perspective plus large de transformation sociale. Les étudiant·e·s l’ont bien compris : la reconnaissance de la valeur de nos études est primordiale si nous voulons répondre à l’aspiration des étudiant·e·s à plus d’émancipation et d’autonomie dans leur travail. Plus encore, il a été possible de relier, dans les discussions, la question du revenu étudiant avec d’autres luttes révolutionnaires. Par exemple, le revenu étudiant permettrait de lutter contre l'exclusion des jeunes des quartiers populaires hors de l'enseignement supérieur, ou encore contre la prostitution étudiante.

Les réseaux sociaux, des outils qui permettant de nouvelles formes d’actions collectives

De nombreux·ses jeunes ont appris à porter leurs revendications par le biais des réseaux sociaux ou a s’organiser collectivement au sein de ces espaces virtuels. C’est notamment le cas du mouvement #MeToo, des révoltes dans le monde arabe ou encore des Gilets jaunes. L’émergence de ces nouvelles pratiques organisationnelles bouleverse notre rapport au militantisme : nous le voyons tous les jours, le partage d’une vidéo, d’une photo ou d’un article peut entraîner des réactions importantes et instantanées, même dans une période où le contact direct avec les étudiant·e·s est rendu difficile par la crise sanitaire.

En ce sens, une partie non négligeable des signatures s’est faite via les réseaux sociaux, notamment par le ciblage de groupes de promo. C’est ainsi que nous avons pu toucher des étudiant·e·s dans des milieux d’étude dans lesquels l'UEC n'était auparavant pas structurée, notamment dans les IFSI. Cette mise en contact a permis la création de collectifs de campagne, comme c’est le cas de Maubeuge (20 participant·e·s), ou de nouveaux secteur comme à Lens, Dijon, Cergy ou Villetaneuse.

Tout l'enjeu est à présent de transformer l’engagement virtuel des étudiant·e·s en engagement réel, en leur proposant des moyens d’agir et de s’organiser au sein de notre Union. C'était l'un des enjeux majeurs de la Conférence nationale 2020 de l'UEC.