Par Anaïs Fley, secrétaire nationale de l'Union des étudiant·e·s communistes et étudiante en M1 d'Histoire des sciences, des techniques et des savoirs à l'EHESS.


"Étudier c'est travailler". On aurait pu croire qu'il fallait en dire plus pour convaincre les étudiant·e·s de signer la pétition pour un revenu étudiant, mais aussitôt ces mots prononcés, les plus sceptiques se retrouvent à acquiescer. Au cours des centaines de discussions qu'ont menées les militant·e·s de l'UEC ces derniers jours, on a bien sûr parlé de précarité étudiante, de coût de la vie et des études, ou encore de financement du revenu étudiant. Mais il semble que c'est en discutant avec elles et eux de leur travail quotidien, de l'investissement et du temps passé à assimiler de nouvelles choses, qu'on a réussi à toucher du doigt leurs aspirations à mener une vie digne, utile et pleine de sens.

Que cette volonté profonde trouve écho dans le mot d'ordre de notre campagne est encourageant. Nous devons à présent réussir à proposer aux étudiant·e·s mobilisé·e·s des moyens de s'engager durablement pour changer leur vie, mais aussi le monde. Revenons sur quelques éléments de cette première semaine de campagne pour comprendre nos réussites, mais également quels sont les défis que nous devrons relever dans les prochains semaines.

Premièrement, parmi les plus de 1800 signatures récoltées depuis le lancement de la campagne, un certain nombre l'ont été grâce au partage de la pétition sur les groupes de promo étudiants de toutes les facs de France. Cela confirme la justesse du mot d'ordre de cette campagne, mais cela interroge surtout nos pratiques habituelles de communication sur les réseaux sociaux : en s'en donnant les moyens, il est tout à fait possible de s'adresser massivement aux étudiant·e·s et de les convaincre.

Parmi les 300 participant·e·s, une grande partie a déjà répondu aux sollicitations des responsables de l'UEC pour se rencontrer et lancer de nouvelles initiatives. Pour ce qui est des étudiant·e·s restant·e·s, ce sont leurs horaires de cours et leur job qui les dissuadent de s'investir davantage. Plusieurs initiatives à destination de ces étudiant·e·s, lancées par les militant·e·s de l'UEC, sont à généraliser partout : leur proposer de témoigner pour Clarté, leur proposer de faire signer la pétition à trois de leurs ami·e·s, les informer d'ores et déjà des rassemblements que nous organiserons en novembre... Il est possible pour chaque étudiant·e de s'engager à la hauteur de ses moyens : aux militant·e·s de trouver les formules pour le leur permettre.

Ensuite, une large partie des signatures provient d'étudiant·e·s en IFSI, majoritairement des femmes qui occupent un poste d'aide-soignante à côté de leur formation. Or, alors que leurs études leur laissent très peu de temps pour se consacrer à une autre activité, ces étudiant·e·s font aussi partie des participant·e·s les plus actif·ve·s de la campagne, comme dans cet établissement où un groupe Messenger de 20 participant·e·s est déjà lancé pour coordonner le partage de la pétition dans toute l'école. Cette mobilisation est une très bonne nouvelle : si ces étudiant·e·s ont réussi à dégager du temps pour mener la campagne dans leur école, c'est qu'elle s'est hissée à un tel niveau de priorité qu'elles et ils acceptent de prendre de ce qui leur reste de temps libre pour se mobiliser. Il est donc essentiel de nourrir cette mobilisation et de leur permettre de convaincre les étudiant·e·s des autres IFSI de suivre leur exemple.

Enfin, les étudiant·e·s les plus concerné·e·s par la précarité étudiante et le salariat à côté de leurs études se concentrant dans les Crous, nous avions choisi de nous focaliser sur les porte-à-porte en cité-U au début du semestre, le décalage de la rentrée universitaire nous encourageant par ailleurs dans ce sens. Or, la qualité des échanges et la diversité des profils rencontrés doit nous pousser à continuer nos efforts pour nous implanter en résidences étudiantes tout au long de l'année.

Continuons de regarder devant nous, et gardons cette belle énergie en développant toujours davantage la mobilisation partout où les étudiant·e·s souhaitent s'engager. Donnons-nous rendez-vous les 24 et 25 octobre, à la Conférence nationale de l'UEC, pour décider avec les participant·e·s de la campagne des suites à lui donner dans l'année à venir. En attendant, si ce n'est pas encore fait, signe la pétition, et fais la signer à 3 de tes ami·e·s !