Le confinement a transformé la France, pendant 9 mois. Il a brisé des vies, par la maladie ou la faillite. Il a poussé chacun·e à s'intéresser quotidiennement à la chose publique et à s'en faire un avis dans le débat. Dans l'isolement et la solitude imposés, il a changé notre vision du collectif. Par la preuve éclatante de l'exemple, il a montré la valeur réelle de la participation des un·e·s et des autres à la société, des infirmières aux traders. Il a bouleversé notre rapport au travail, en révélant l'absurdité de son organisation. Il a aussi installé l'idée que le monde ne serait plus jamais le même : c'est acté, la crise du Covid est notre premier pas dans la crise climatique.

C'est le moment qu'a choisi la droite pour entreprendre de porter un coup fatal aux principes républicains et aux libertés publiques, avec la Loi de Sécurité globale. Ce qui se joue est notre capacité collective à mener notre pays dans la bonne direction face aux crises sociales, climatiques et sanitaires en cours et à venir. Ces dernières années nous ont montré combien il est difficile de lutter ensemble quand on sait qu'on peut y laisser un oeil, une main, la vie. Elles nous ont montré que, si elles sont le quotidien des quartiers populaires et des descendant·e·s d'immigré·e·s, la répression et les violences policières sont le lot de toutes les forces révolutionnaires tant que nous ne faisons pas front avec le mouvement antiraciste pour garantir les libertés les plus fondamentales : circuler, se rassembler, manifester. Les féministes nous l'ont aussi montré : notre pays a besoin d'une police qui protège les victimes et la sérénité publique, pas d'une police qui traumatise et qui tabasse les innocent·e·s.  

À la question de savoir ce qu'il nous est possible de faire pour changer le monde, la première réponse à apporter est celle des libertés, car elle est la condition de toutes les autres. Il importe de tenir fermement contre les réactionnaires qui menacent ces libertés en attaquant les forces révolutionnaires et républicaines, car ce sont elles qui luttent pour que l'on puisse se battre ensemble, à égalité, pour transformer le monde.

Cet après-midi, à travers la France, les étudiant·e·s communistes seront à nouveau dans la rue, mêlé·e·s aux foules de milliers de jeunes qui manifestent pour beaucoup pour la première fois. Et pour cause : le sentiment de l'urgence est partagé. Continuons de parler avec nos ami·e·s et nos camarades de promo, car nous constatons en marchant avec elles et eux que connaître des communistes qui vivent leur engagement au quotidien est décisif pour beaucoup de nos proches quand elles et ils décident de passer ce cap. Rendez-vous dans les luttes !