Si le remaniement droitier du gouvernement renvoie dans son ensemble un message d'hostilité très clair aux franges mobilisées contre le Covid-19 depuis des mois, le coup le plus brutal est porté au mouvement pour l'égalité femmes-hommes.

Depuis des jours, les féministes manifestent contre la nomination de Gérald Darmanin comme Ministre de l'intérieur, malgré l'enquête en cours autour d'une plainte pour viol déposée en 2017 à son encontre. Or on sait aujourd'hui que l'immense difficulté pour les victimes de violences sexistes et sexuelles d'obtenir justice repose en partie sur l'inaptitude de nombreux policiers à reccueillir une plainte. Face à la révolution féministe et au mouvement pour la justice et l'égalité civique, le gouvernement de Macron choisit donc de mener une guerre de position.

A plus de la moitié du mandat présidentiel, des mobilisations sociales historiques ont pourtant transformé les rapports de force dans le pays depuis plus de deux ans. Des Gilets jaunes au Comité Adama en passant par Mee Too et le mouvement pour le climat : les luttes révolutionnaires pour l'émancipation, la justice et l'égalité rassemblent une majorité des français·e·s. Avec ce remaniement, Macron s'affirme comme l'homme d'Etat de ceux qui refusent l'égalité et qui veulent rétablir leurs privilèges.

Étudiant·e·s, nous nous mobilisons pour un monde d'émancipation, d'égalité et de justice, que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans la rue. Nous étions des dizaines de milliers, majoritairement de quartiers populaires, à manifester pour la première fois le mois dernier aux côtés d'Assa Traoré. Mais nous avons aussi vu comment l'appareil répressif de l'Etat macronien écrase les mobilisations progressistes, comme il l'a fait pour les Gilets jaunes, les féministes, les infirmières, les profs, et tant d'autres.

Une chose est sûre : si l'on veut changer le monde, il faut enlever le pouvoir des mains de Macron, de son camp, de la droite et de l'extrême-droite. A nous de le prendre, aux côtés du monde du travail et des mouvements déjà engagé·e·s dans la lutte, car c'est la condition essentielle pour enfin construire une société de liberté pour tou·te·s et de paix. En 2022, nous devrons voter pour bâtir l'avenir de notre société.