Par Eva. F


Ce mardi 14 septembre, le président de la République, Emmanuel Macron, s'est exprimé publiquement lors de la clôture du Beauvau de la sécurité qui avait lieu à Roubaix. Cette initiative, lancée par le gouvernement, et qui a débuté le 1er février dernier, visait à discuter de l'amélioration des conditions de service des forces de l'ordre. Ainsi, Emmanuel Macron semble davantage préoccupé par l'état de l'institution policière que par celui d'autres secteurs de la fonction publique (alors que la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 a révélé plus que jamais les fragilités dues aux manques de moyen dans l'hôpital public et que le même président de la République, en déplacement à Marseille a déclaré quelques jours plus tôt vouloir créer des établissements scolaires où "les directeurs d'école puissent choisir l'équipe pédagogique"). En mai 2021, nombre de dirigeant·e·s politiques de gauche et de droite, jusqu'au ministre de l'Intérieur, avaient participé à une manifestation organisée par les syndicats de police. Ces protestations en bleu se faisaient en réaction aux larges mouvements de lutte contre les violences policières qui, le 13 juin 2020, au sortir du premier confinement, avaient réuni plus de 100 000 personnes sur la place de la République, à l'appel du comité La Vérité Pour Adama.

Alors, si les revendications des bleus portent autant dans le champ médiatique, jusqu'à leur réception visiblement plutôt favorable dans la sphère politique, il s'agit de revenir sur quelques mesures annoncées par le gouvernement à l'issu du Beauvau de la sécurité :

· Si Emmanuel Macron annonce vouloir mettre en place un dispositif d'une caméra pour chaque policier, afin de, affirme-t-il, "éviter tout dérapage des interpellés", sans doute est-il nécessaire de revenir sur l'usage des caméras par les personnes interpellées et les personnes se trouvant aux alentours au moment de l'interpellation pour visibiliser les violences policières : ainsi, les immenses manifestations qui ont traversé et continuent de traverser les États-Unis depuis le 26 mai 2020, à l'initiative notamment du mouvement Black Lives Matter, ont fait suite à l'assassinat de George Floyd, un homme africain-américain, mort lors de son arrestation, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Plus récemment, et en France, le 15 août 2021 à Stains, en Seine-Saint-Denis, des policiers de la BAC ont été filmés tirant sur une voiture de deux personnes, faisant ainsi deux blessé·e·s grave. Et c'est la diffusion de ces images qui a permis de révéler la bavure au grand public. Les exemples sont nombreux.

· Alors que le quinquennat d'Emmanuel Macron est largement axé sur une politique sécuritaire, qui a connu son apogée lors de la première adoption, en novembre 2020, du texte de la loi Sécurité Globale (qui permet notamment aux agents de police de porter leur arme de service hors de leur temps de travail), le président de la République a annoncé vouloir doubler, d'ici à 10 ans, le nombre de policiers présents sur la voie publique. Cette mesure ne changera de fait rien à la sécurité des français·es si elle ne s'inscrit pas dans une visée qui substitue à une police d'intervention musclée une véritable police de proximité et du quotidien. De même pour l'extension des amendes pénales forfaitaires en cas d'"occupation illicite".

· Pour finir, 500 millions d'euros ont été promis à la mise en place des premières mesures du Beauvau de la sécurité. Pendant ce temps, deux ans après la tenue du Grenelle contre les violences conjugales, les associations et militantes féministes attendant encore de voir un centime du milliard d'euros qu'elles réclamaient à l'état pour la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et la loi de réforme de la Sécurité Sociale de 2021 prévoyait une économie de 800 millions d'euros sur l'hôpital public.

Plutôt que des lois toujours plus sécuritaires, qui ne dressent pourtant pas les réels enjeux de sécurité alimentaire, sanitaire et climatique qui s'annoncent pour les années à venir, et afin de mettre fin aux violences policières racistes ainsi qu'aux violences masculines, la campagne RED revendique une réforme radicale de la police et de la justice. Cette réforme pourrait comprendre plusieurs axes, comme l’indépendance de l’IGPN ou la formation des policiers sur les violences sexistes et sexuelles.

Pour rejoindre le Rassemblement pour l'Égalité et la Démocratie (RED) signe l'appel en ligne : https://red-jeunes.fr/